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Témoignage d’un Alésien à la suite d’une inondation du Gardon le jeudi 15 octobre 1953,

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Témoignage d’un Alésien à la suite d’une inondation du Gardon

le jeudi 15 octobre 1953,

En trois jours 300 mm d’eau se sont abattus sur la région cévenole, Le Gardon, La Cèze et leurs affluents sont en crue ; Le Gardon a atteint la cote 3,2 à Alès.

Après dix mois d’une exceptionnelle sècheresse, 300 millimètres d’eau sont tombés sur Alès depuis lundi matin. Les résultats de ces chutes successives ne se sont pas faits attendre puisque tous les ruisseaux, toutes les rivières de la région sont en crue.

Des quatre coins du département on nous signale l’abondance de chutes d’eau. Les torrents cévenols entraînent sur leur passage des branchages, de arbres, même des rochers. Les affaissements de terrain se sont produits en maints endroits. Des murs se sont écroulés et la pluie continue à tomber.

En de nombreux points, la circulation est interrompue. Sans être le moins du monde alarmante, la situation est un peu confuse. Souhaitons qu’elle ne s’aggrave pas davantage et ne tourne pas au désastre comme en 1907.

Le Gardon tient sa place

Grossi par des centaines de cours d’eau, le Gardon qui n’était, il y a quelques jours, qu’un mince filet d’eau a pris conscience de son rang et dans moins de trois jours est devenu une magnifique rivière aux eaux bouillonnantes.

A La Grand-Combe, il a atteint déjà sa largeur maximum qui est de 120 mètres.

Plus bas, avant d’entrer dans Alès, bénéficiant de l’appoint d’une foule de ruisseaux dont le Grabieux, qui roule ses eaux argileuses, il atteint aux Prés-Saint-Jean, où il s’étale comme un grand fleuve, une largeur de près de 500 mètres.

A Alès, nombreux sont les curieux qui, bravant la pluie regardent la lente montée du Gardon. A l’étiage du Pont vieux, il dépasse les trois mè-tres. Le spectacle est d’ailleurs assez curieux et chacun désigne du doigt les objets les plus hétéroclites troncs d’arbres mêlés de branchages et de racines, qui forment de véritables petites îles flottantes, boîtes de conserve, bouteilles, vieux bidons, grandes plaques de gazon brutalement arrachées aux berges, etc...

Plus loin, le Gardon d’Alès, qui reçoit son homonyme d’Anduze devient plus impressionnant encore et à Nozières, l’on notait 25 à 30 centimètres d’eau obstruant la chaussée sur plusieurs centaines de mètres. Quelques automobilistes cependant réussissaient à forcer le barrage des eaux. D’autres plus prudents, préféraient faire demi-tour. A l’heure où nous téléphonons, le niveau du Gardon ne s’élève que très lentement, et il ne semble pas que l’on doive craindre de graves inondations.

La Cèze et ses affluents causent quelques dégâts

La Cèze ne s’avère pas jusqu’ici plus dangereuse que le Gardon. Le régime des pluies a été sensiblement le même tout au long de son cours que celui tombé dans la région alésienne.

En amont de Bessèges et à Bessèges même, on ne signale rien de grave. Comme le Gardon, la Cèze charrie un nombre impressionnant d’arbustes. Beaucoup parviennent d’ailleurs de son lit, où ils avaient grandi pendant les deux ou trois années de sécheresse.

Entre Bessèges et Saint-Ambroix, la Cèze qui, fortement grossie, passe par dessus le pont de Gagnières, plusieurs murs ont été emportés par les eaux.

Quelques écroulements se sont produits près de Gagnières où des murs soutenant des traversiers se sont écroulés et ont en partie obstrué la chaussée.

Le point névralgique de la région qui se situe régulièrement à chaque inondation à Saint-Sauveur-de-Cruzières, n’est point menacé. Cependant, la Cleisse, rivière capricieuse entre toutes, est sortie de son lit et roule ses eaux impétueuses au ras des abîmes.

Toutefois, son niveau tend à se stabiliser et les habitants qui en ont vu bien d’autres ne sont pas alarmés. En résumé donc, malgré l’abondance des chutes d’eau, on ne peut encore parler d’inondation. Espérons que nous n’aurons pas à le faire.

Barrage au pont de Grabieux

Hier matin, les pompiers établissaient un barrage au sous chemin de Tamaris où le passage était rendu dangereux par la crue du Grabieux.

Au cours de la journée le niveau ayant baissé, le barrage avait été levé, mais par suite d’une nouvelle remontée des eaux, il a dû être rétabli à 17 h.

Propos d’actualité

Les inondations du Gardon

Après avoir été raillé durant la chaude saison, alors que son lit était aussi sec que le Sahara, le Gardon, depuis 48 heures, attire sur lui l’attention des Alésiens et des populations des cités cévenoles qu’il traverse.

Ainsi que vous pourrez en lire les détails par ailleurs, le Gardon, ce fils des Cévennes, frondeur en diable, est en crue. Tout un chacun parle d’inondation.

En effet, l’histoire de notre Gardon est riche en inondations spectaculaires, pour ne pas dire tragiques.

Les principales furent celles de 1470 ; 1604 et 1741, ces deux dernières peut-être les plus importantes ; de 1768, 1795, 1846, 1890 et enfin en 1907.

On a remarqué que les trois premières se sont produites à 135 ans d’intervalle et celles comprises entre les années 1741 et 1846 à 26 ans.

M. le chanoine Bruyère, dans son ouvrage “Alès, capitale des Cévennes”, en parlant des inondations du Gardon, déclarait :

“Il est bien évident que la nature des pluies torrentielles d’automne dans le climat méditerranéen dont fait partie Alès et que le déboisement des montagnes depuis les sources des deux gardons jusqu’à notre ville constituent les principales causes des inondations.”

Mais, si ces dernières, au lieu de causer seulement l’envahissement des campagnes par les eaux, exercent leurs ravages dans la ville même d’Alès, les raisons en sont autres et diverses. C’est tout d’abord la diminution de la déclivité du lit du Gardon entre Tamaris et la colline de Conilhère.

Par suite, dans cette partie de la rivière s’accumulent les graviers et terre provenant de l’érosion des montagnes, les scories et déchets d’usine. On a estimé à 0,43 m par siècle cet exhaussement du lit du, Gardon. Les prés Saint-Jean, qui étaient, vers 1940, bien plus élevés que ce lit, sont à peu près aujourd’hui au même niveau.

A cette même époque, les piles de l’ancien pont de Bouzenc étaient visibles. Elles ne le sont plus actuellement.

Un autre témoin de cet exhaussement de terrain est la situation, à une certaine profondeur sous terre du pavé de l’église ruinée de Saint Jean d’Entraigues, dans les prés Saint-Jean, pavé qui lors de la fondation de l’église au moyen âge était évidemment au niveau du sol.

Arrivées au pont du Marché, les eaux, en temps de crue, dont le débit est grossi par la faible pente de la rivière, rencontrent plusieurs, obstacles qui tendent à la faire surélever.

L’un est naturel : l’étranglement de la rivière par le roc d’Uret, placé comme un éperon dont une partie s’avance dans le lit normal du Gardon. Les autres sont dus a l’industrie humaine. C’est le pont de Rochebelle, surtout depuis sa reconstruction en 1849, avec ses piles de pleine maçonnerie et ses arches surbaissée.

L’architecte de ce pont assurait bien que son débouché était de 100 m2 supérieur à l’ancien. Il n’en reste pas moins vrai qu’il est seulement de 448 m2. Celui du pont Vieux est moindre, 335 m2. Mais, à ce niveau, la rivière cesse d’être étranglée et les eaux peuvent s’écouler plus facilement.

En 1846, les eaux montèrent à 7 h 30. Si les ponts n’avaient pas existé, elles n’auraient atteint que 5,25 m.

Le second obstacle artificiel est ou plutôt était, car, depuis une quinzaine d’année, il a disparu, le blocage du Moulin-Neuf et le massif de maçonnerie qui lui a fait suite.

Après l’inondation de 1846, on donnait une dernière cause pour l’expliquer. C’était le trop fort développement de l’égout collecteur, par où s’emmagasinaient les eaux pluviales des bas quartiers. Il se déversait à la chaussée, en face de l’usine à gaz.

En temps d’inondation, le Gardon formait barrage aux eaux de l’égout et ces dernières, ne pouvant s’écouler, inondaient la ville.

C’est alors que l’on construisit des quais pour protéger la cité. Après la suppression des remparts le quai des États fut prolongé sous la monarchie de juillet jusqu’au delà du pont vieux. Malgré cette digue paraissant insurmontable l’inondation de 1846 survint. Elle était due, il est vrai, à une cause accidentelle, à laquelle on a depuis remédié. L’effondrement du parapet du quai des Etats. Elle n’en suscita pas moins des craintes pour l’avenir et l’on envisagea le renforcement d’anciens moyens pris dans le passé pour remédier aux inondations et à l’adoption de nouveaux.

Une invasion de rats

Fuyant leur refuge du lit du Gardon, une multitude de rats s’est répandue dans les quartiers riverains, notamment au faubourg du Soleil. Cette fuite présage-t-elle de prochaines inondations comme d’aucuns le prétendent ?

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