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Maladies, médecine & pharmacopée populaire d’hier en Basses Cévennes Par Gaston Paysan

Maladies, médecine & pharmacopée populaire d’hier en Basses Cévennes

Par Gaston Paysan

 

 

Je n’ai pas écrit ces lignes avec le souci de suivre la mode, je n’ai pas voulu, non plus, dresser une nomenclature de la pharmacopée végétale traditionnelle ; de nombreux ouvrages concernant les plantes médicinales vous apprendrons que le tilleul est un calmant (ce qui n’est pas vrai pour toutes les personnes) que la menthe est un digestif, et vous y découvrirez les vieilles formules transmises de génération en génération, qui sont souvent les mêmes, d’ailleurs, du nord au sud de la France.

Ce que j’ai désiré faire, c’est partager avec les lecteurs des notes originales prises sur des textes nombreux, qui m’ont fait parfois sourire, parfois frémir, et sont un témoignage de l’extrême variété des moyens auxquels les hommes de notre province ont fait appel pour soulager leurs maux…

 

 

La vie intime…

 

L’amour, le vrai, celui dans lequel le bonheur s’épanouit aux élans du corps et de l’esprit de deux êtres lucides, d’innombrables couples l’ont vécu et le vivent toujours. Chacun à sa façon ; l’amour se déroule de mille manières. Ce besoin de vivre à deux, nous l’avons hérité de notre passé génétique ; c’est pourquoi le cheminement réussi d’un couple, même à travers les tempêtes, est une aventure d’une grande richesse. Il n’est pourtant pas aisé d’atteindre la sérénité, si Aujourd’hui veut tout comprendre et trop se comprendre, Hier était déchiré entre les notions du Bien et du Mal. Et comme il est plus facile de rêver sa vie que d’y consacrer son énergie, on a recouru aux recettes.

 

Comment séduire l’être aimé ? C’est fort simple :

« le coeur de l’hirondelle mis en poudre et mêlé dans le pain avant que le faire cuire et en donnez à la personne que vous voulez qu’elle vous aime, elle vous aimera probablement parce qu’il active l’amour ».

 

Nous retrouvons ce gracieux oiseau dans une autre recette médico-magique qui nous dit que :

« Pour garder que la femme mariée ne s’abandonne à autre qu’à son mari, il lui faut donner, secrètement, à boire le foie d’une hirondelle, brûlé et mis en poudre, que l’on mêle à du vin ».

 

Il existe, d’ailleurs, un « Secret très souverain pour se préserver de la luxure, c’est-à-dire de tout vice d’impureté » :

« Prenez le coeur de la chaste tourterelle, et le portez dessus, et vous n’aurez jamais l’ennui de commettre ces maudits vices de la luxure ».

 

Joseph Delenne, lui, ne fut pas ennemi des plaisirs amoureux puisqu’il nota comme un “secret” :

“On trouve dedans le gésier du chapon une pierre aussi grosse comme une..., laquelle rend l’homme hardi et vertueux au combat du lit et le rend favorable et gracieux envers les femmes”.

 

Ne nous livrons pourtant pas aux excès, écrit le Dr Bossu : « par la vanité ridicule qui pousse tant d’entre nous à des combats au-dessus de leurs forces. C’est un jeune vaniteux qui veut prouver à sa maîtresse combien il est puissant dans ces sortes d’attaques ; c’est un vieillard débile qui, craignant l’abandon et le mépris de la jeune épouse qu’on lui a sacrifiée, veut montrer qu’il peut encore faire entendre le chant de l’amour quand l’âge de la retraite a sonné ; enfin, c’est un homme, dominé par un préjugé universellement répandu, qui croît naïvement devoir, pour s’attacher une femme, satisfaire de prétendus désirs qu’il lui suppose... ».

L’impuissance dans ces « combats », causée par les abus, la faiblesse, l’émotion et autres causes diverses, a été discrètement évoquée dans un certain nombre de recettes employant la menthe, le romarin, la sauge, le fenouil, la moutarde, l’ortie, le chou, l’oignon, le cresson, la roquette, les fleurs de capucines, etc... renforcées par une pharmacopée plus relevée où l’on trouve l’ambre, les cantharides, le musc, la truffe, la mandragore, la vanille, le phosphore, la cannelle, la racine d’une plante chinoise le Ginseng, célèbre déjà au Moyen Age et qui connaît toujours une grande renommée.

Le phosphore, d’abord découvert dans les urines par les alchimistes de la fin du XVIème siècle, fut ensuite extrait des os calcinés, par un procédé compliqué, un siècle plus tard. On s’aperçut, alors, que le simple frottement était suffisant pour l’enflammer, et les premières allumettes à friction, inventées par le wurtembergeois Jean Frédéric Kaminerer, apparurent sur le marché français après la révolution de 1830.

Or, le vulgaire sut bientôt que le phosphore, excitant du système nerveux alors utilisé en médecine comme stimulant dans la paralysie, était aussi un aphrodisiaque.

C’est ainsi que j’ai trouvé trois recettes dans divers cahiers, formulant cet usage à mots couverts : on cassait les extrémités des allumettes que l’on faisait infuser dans de l’eau bouillante. N’essayez pas ce remède la composition de la pâte inflammable des allumettes n’est plus la même aujourd’hui, et le phosphore est d’ailleurs un produit dangereux à utiliser.

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