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Alès ou Alais

Alès ou Alais

On a expliqué en plaisantant ces deux orthographes en disant que c’était pour indiquer aux gens du nord qu’il fallait faire sonner l’«s» en prononçant le nom de la ville, conformément à l'usage méridional, au lieu de l'avaler comme on fait pour le nom de Calais. Et ce motif est d'ailleurs tout à fait valable. Mais, il en est un autre beaucoup plus sérieux.

Jusqu'au dix-septième siècle, la forme Alès a été seule employée. Les documents les plus anciens portent, en latin : Alestum, Alesti ou Alesto, et, en roman : Alest, Alez ou Alès. Cette orthographe est sanctionnée par la charte de 1200, et on la retrouve dans tous les documents officiels de la région. Il paraîtrait que ce nom viendrait du latin ala, aile, à cause de la configuration de la ville : explication que ne confirme pas la vue d'un plan d'Alès. Pour d’autres, elle serait ainsi nommée parce qu'elle est située à l’est d'Anduze, (deuxième ville importante après Nîmes) ; mais cette explication ne peut sortir que de la pensée d'un Anduzien fier de sa ville natale. On parle aussi d'une certaine Adélaïs de Mandagoust... Mais laissons ces étymologies fantaisistes.

La région du Languedoc où se trouve Alès, a été jadis occupée par des Celtes, les Volques Arécomiques, lesquels ont baptisé la ville d’un nom ainsi formé : le radical al ou all, signifiant hauteur, élévation, montagne, rocher, et la finale adjonctive ez, s'appliquant à une certaine étendue de pays relevant d'un centre qui lui donne son nom. Allés veut donc dire : pays élevé, région de la montagne, en opposition avec Namoz (Nîmes), autre nom celtique signifiant pays plat ou plaine. Quand on lit dans les anciennes chartes : castrum, oppidum ou villa de Alesto, il faut comprendre : campement, bourg ou ville du haut pays. La ville aurait pris le nom du pays dont elle était devenue le centre principal. Quelle que soit son origine, le nom d'Alès, fut employé par tous et partout jusqu'à la fin du seizième siècle. Mais au siècle suivant, l'administration royale adopta la forme Alais. On dit que c’est à la suite d’une lettre adressée en 1629 au Parlement de Paris, par Louis XIII, qu’on trouve cette graphie. Dans le premier volume de sa Géographie humaine de la France, Jean Brunhes cite d’autres cas aussi curieux, et engage à suivre cette double règle : d'abord, respecter la prononciation locale, ensuite rechercher l'orthographe exacte en s'appuyant sur les formes les plus anciennes. Les formes antérieures à l'an 1000 sont les plus précieuses, parce qu'elles ont à peu près conservé le thème primitif. Mistral, dans son dictionnaire de la langue d'Oc, Le Trésor du Félibrige, indique que l'on doit écrire Alès. C’est la Société Scientifique et Littéraire d'Alès, qui, avant la guerre de 1914, mena une campagne pour le changement du nom de Alais en Alès. Il faut attendre la fin des hostilités, le 22 mai 1919, pour que la société reprenne ses démarches. Le président, Alcide Blavet, a fait déposer à la mairie la pétition signée par la population.

En 1924, la Société et le Conseil municipal ont demandé au Conseil d’Etat le rétablissement de la vieille orthographe. Cette demande fut acceptée et appliquée à partir du décret du 8 août 1926.

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