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MARCHÉ DE CONSTRUCTION DU PONT NEUF

MARCHE DE CONSTRUCTION DU PONT NEUF près de MENDE (1421) 

(Etudes d’histoire & d’archéologie sur le Gévaudan de Charles POREE)

Relevé par Christian Bataille

Le pont construit en 1421 sur le Lot, à environ à trois kilomètres en aval de Mende, à l’endroit où le fleuve se heurte contre le causse de Changefège, tourne brusquement au sud et longe la paroi occidentale du causse de Mende, avait au moyen âge la même importance que le pont qu’il l’a remplacé, sur lequel passe la route de Mende à Toulouse.

Ce pont était donc une œuvre d’un intérêt général, et il est naturel que nous voyions figurer dans le marché de construction les représentants de toutes les autorités intéressées : l’évêque, le chapitre, l’association du clergé de Mende et la ville elle-même. Il est à remarquer que les Etats particuliers du Gévaudan, à qui devait incomber plus tard le soin des travaux publics dans la province, n’ont point de délégués à ce contrat, ce qui donne à penser qu’au début du XVe siècle cette assemblée ne fonctionnait pas encore régulièrement.

Pendant la période des travaux, l’entrepreneur du pont, un tailleur de pierres de Mende, Jean Aoustet, et ses compagnons devaient recevoir le blé de leur nourriture alternativement de trois confréries de la ville ; ils jouissaient en outre de l’exemption des soquets, impôt établi sur les marchandises entrant dans la ville, et des tailles municipales ; ils devaient néanmoins l’impôt au roi ainsi que le service de garde sur les murs de la ville. En attendant l’achèvement du pont, que Jean Aoustet devait mener le plus vite possible sans pouvoir accepter d’autres travaux ailleurs, une passerelle provisoire en planches devait être jetée sur le fleuve pour assurer le passage en toute sécurité des piétons et des voitures. La communauté des habitants de Mende s’engageait à fournir une somme de 200 livres pour la construction de la passerelle.

Les ressources pour la construction consistaient principalement dans le produit des quêtes que des lettres épiscopales devaient autoriser dans tout le territoire du diocèse pour une période de dix années. La construction des ponts était considérée, au moyen âge, on le sait, comme une œuvre pie, -opus pium, porte l’acte lui-même,- et chacun tenait à y participer ; outre les sommes d’argent, le marché prévoit des dons en nature qui serviraient à la subsistance des constructeurs. Deux operarii, l’un ecclésiastique, l’autre laïc, nommés par la communauté des habitants de Mende, devaient faire eux-mêmes les quêtes à l’intérieur de la ville et centraliser le produit de celles faites dans le reste du pays. Ils étaient chargés d’établir les comptes des recettes et des dépenses, de rechercher les matériaux, de négocier les affaires contentieuses qui pourraient surgir. Ainsi se trouverait confirmée, s’il en était besoin, la signification du mot operarii ; les « ouvriers » (comme aujourd’hui les fabriciens) ne travaillent pas de leurs mains à  l’édification de l’œuvre, ils en ont la surveillance et la gestion. Leurs fonctions, dans le cas présent, pouvaient devenir si absorbantes, qu’on les autorisait à prélever pour leurs ages une partie du produit des quêtes.

Le marché n’en fixe point le montant, qui devait, ainsi que le salaire en argent du maître d’œuvre, être arrêté sans doute ultérieurement.

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