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Quelques pas dans la Haute Vallée de l'Auzonnet

Il est une partie de l'Auzonnet que l'on oublie facilement, c'est la partie haute où cette rivière est tout simplement un ruisseau qui circule au cœur d'un pays de mines, qui ont donné au paysage un air désolé, notamment à l'avers du Serre des Andats.

L'Auzonnet a cependant une naissance royale ou presque puisqu'il prend sa source au pied du château prestigieux de Portes, au flanc des Pinèdes entre Portes et le hameau de Florac. Un chemin suit sa rive droite, de Florac au Petassas et à partir de là se transformé en route non goudronnée plus aisément carrossable jusqu'au pont de Palmesalade où reste attaché le souvenir d'une bien vieille bataille livrée contre l'envahisseur sarrazin.

Les mines de charbon sont à fleur de terre et également celles de minerai de fer qui jadis étaient exploitées. En aval du pont moderne et à une centaine de mètres seulement subsiste un pont romain constitué par une arche principale et une arche secondaire bien plus petite. Le pont est délabré mais n'en constitue pas moins un témoignage émouvant.. Il vit passer les légions romaines, les troupes de Guillaume d'Orange partant à la conquête de Nimes occupée par les Sarrazîns, et les pèlerins de Saint Gilles et au-delà jusqu'à Saint Jacques.

C'est là que l'Auzonnet butte sur la montagne de Rouvergue et change de direction remontant vers le Nord jusqu'au Gour Nègre. Mais avant de prendre cette direction il reçoit le ruisseau de l'Affenadou - Le Pontil, deux bourgs qui se pressent sur un dédale de routes conduisant à La Grand Combe, à Alès, au Martinet, à Portes et à une série de hameaux disséminés çà et là entre châtaigniers et résineux.

Les puits de mines au repos définitif, hélàs ! sont nombreux et ce sont au revers de bien de talus des installations minières qui tombent en ruines. L'Affenadou, dont le nom vient indubitablement de la présence d'anciens affenages, s'écrit parfois, à tort, avec l'article féminin : la. C'est un carrefour de routes, un antique lieu de passage qui commande plusieurs vallées. La vallée de l'Auzonnet est une des plus engageantes et à deux ou trois kilomètres de L'Affenadou s'étale une petite plaine qui a donné son nom à une construction importante que l'on appelle château de la Plaine. C'est en réalité un vieux mas cévenol, confortable maison de maître qui n'a absolument rien des châteaux que l'on peut rencontrer un peu partout ailleurs. La présence de deux échauguettes a seule accrédité cette désignation au château. Ce mas a certainement été aménagé au 19è siècle, bien que la construction ou une partie soit quelque peu plus ancienne. Le château de la Plaine qui est habité appartient actuellement aux Houillères des Cévennes.

Au Gour Nègre une route qui se subdivise en deux mène, d'une part, notamment à Cessous, autre centre de mines. Mais ce que l'on trouve surtout et qui constitue un important souvenir, c'est le Clotet, vieux mas de la famille Déparcieux, caché au creux d'un repli de la montagne, avec au bord de la rivière le moulin que Déparcieux, le grand savant cévenol, sut transformer après une inondation qui l'avait ravagé. Le Clotet mérite un arrêt, nous y reviendrons donc à loisir.

Ayant passé le pittoresque Gour Nègre, l'Auzonnet oblique une fois de plus vers le Sud, direction qu'il conservera définitivement et il atteint le Martinet et la vallée où il est le roi incontesté, mais sa haute vallée n'est plus. Pour lui est terminée la nonchalance dans une nature qui a repris le dessus, l'industrie humaine, cette fois, est la plus forte.

Lucien ANDRE

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