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LES CEVENNES - 3ème partie

  • LES CEVENNES - 3ème partie

LES CEVENNES

Par Jean Luc Eymery (2008)

3ème partie

 

Traces du passé

Remontons le temps, et essayons de déchiffrer le mode de vie de nos lointains parents.

Que les archéologues, les historiens, les scientifiques, les spécialistes et autres simples bénévoles soient ici remerciés pour leurs découvertes, leurs travaux et leurs persévérances. De par leur savoir et la transmission de ce patrimoine préhistorique au commun des mortels, détenteurs et conservateurs aujourd’hui, donateurs demain.

L’archéologie étant une science relativement récente, il est prudent d’interpréter avec réserve et d’attendre le résultat des recherches et la publication des travaux afin de proposer des réponses exactes. Toute interprétation libre faisant partie du domaine des suppositions.

L’archéologie, activité scientifique qui requiert des chercheurs formés et compétents, et qui nécessite pour l’obtention officielle de fouilles deux autorisations : l’une du propriétaire du terrain et l’autre de l’état ou du ministère concerné.

Veillons à protéger nous-même ce petit patrimoine, pauvre il est vrai en découvertes fracassantes. La civilisation régionale de Fontbouisse nous attend …

« Quand tu vas sur le chemin et que tes pieds foulent la terre de tes ancêtres, fait qu’ils se posent doucement, car sous l’humus repose peut-être ceux qui t’ont donné la vie. »    

Prince Samad Khan

Dépôts de calcaire jurassique dus à des manifestations dépressionnaires, d’où naissent les vallées et les cours d’eau. Avec une altitude moyenne de 800 mètres, poussent le pin, la chênaie ainsi que le châtaignier.

Climat sec en été, les hivers ne sont très rigoureux que sur les plateaux et les causses, à plus de 1000 mètres. Plutôt méditerranéennes, les cévennes gardoises aménagées en terrasses portent souvent sur leur sommet des restes d’habitations du néolithique avec des enceintes naturelles ou bâties.

Plus tardivement, suite à diverses causes, ces habitats glissent sur les pentes ou dans les vallées. On suppose des périodes plus calmes pour les habitants et de meilleures conditions de vie, on remarque les commodités : eau, circulation et échanges, terrains de pacage et de labours. Les cultures et l’élevage remplacent l’alimentation aléatoire de la chasse, qui tombe en désuétude avec la cueillette de baies sauvages. Alors que le gibier était le principal de la nourriture, il devient secondaire, mais reste tout de même chasser pour ses peaux et fourrures ainsi que pour ses os, dents qui sont transformés en outils ou en parures d’ornements : aiguilles, grattoirs, pointes, colliers, perles, bracelets, etc…

De la pierre au métal :

L’origine du néolithique dans le sud de la France est loin d’être tranchée. Au VIème siècle avant JC apparition de l’agriculture, des sépultures de type dolmen, de mégalithes dressés. C’est aussi le début du filage et du tissage ; le vêtement apparaît, très loin des présentations de modes actuelles.

Des statues menhir dîtes muettes, car sans trait de bouche, ont été trouvées dans des habitations, dans des hypogées et souvent sous la charrue des labours. Représentation divine ou seulement un portrait gravé d’un artiste local ? Souvent représentatives, ces stèles figuraient le guerrier avec parure, mais aussi la gente féminine : deux encoches formant la poitrine. Apparition d’objets et armes en cuivre. Les cultures diversifiées de blé tendre, millet, pois, orge, lin, vignes, oliviers, glands, … complétés par la cueillette, la chasse, la pêche.

Au chalcolithique les animaux étaient domestiqués, chronologiquement : le chien, le mouton, la chèvre, le bœuf, le porc, le cheval.

La civilisation Fontbouisse : 

Elle fait suite à celle des Ferrières propres au sud et en particulier aux départements actuels de l’Hérault, du Gard et de la basse Ardèche. On trouve également dans l’Aude, la Drôme et le Vaucluse quelques habitats de pierres sèches. Nous sommes dans la troisième phase : néolithique final.

Dans cette période, entre - 2500 et - 1800, les cabanes et villages s’étendent du terrain calcaire des garrigues au causse du Larzac, et sur le littoral proche zone de marécages, de part leur faible altitude, l’occupation des sols et le manque de fortifications, nous supposons que durant une période de quatre millénaires, l’homme vécu dans une relative sécurité. Du statut de chasseur, il devient agriculteur, éleveur et sédentaire. Phase de transition entre l’âge de la pierre polie et l’âge du cuivre l’unité chasséenne éclate et plusieurs groupes se créent.

Collectivité d’êtres humains même langage, même croyance, qui vivent ensemble, ils continuent ce que les Ferrières avaient commencé, le brûlis des forêts, dégradation aujourd’hui du milieu naturel ; ce fut une transformation de l’environnement. Les garrigues sont nées. Culture, élevage, ne font pas souvent bon ménage, bien que complémentaires ; le troupeau fertilisant la terre est une menace à certaines périodes de l’année ; la transhumance, le parcage des ovins sur les hauteurs étaient déjà pratiquée, l’on trouve des abris et cabanes sur les petites hauteurs cévenoles.

Les cabanes :

Les sites sont nombreux en Languedoc. Le père du chasséen, le professeur J. Arnal, fouille autour de Sommières dans le département du Gard et découvre à Villevieille les premiers vestiges des Fontbouisses. Plus de cent cabanes sont répertoriées. Ces cabanes utilisées et réutilisées ont laissées des marques dans le paysage.

L’habitat de Cambous à Viols le Fort fouillé depuis 1967 permet de progresser lentement et de mieux connaître nos ancêtres : restes de poteries, outils en silex, objets en os, grains grillés, ossements des sépultures.

Quelques chercheurs se sont intéressés au néolithique, des lieux furent mis à jour et datés. Cante Perdrix à Calvisson, le Puech de la Fontaine à Congéniès, l’oppidum de Vié Cioutat à Mons. A Marguerites en 1987 à l’occasion d’un incendie un village de capitelles est mis à jour, « le village Celte » tel était son nom est devenu « la combe des Bourguignons ». La commune s’occupe de la restauration et organise tout autour des activités de plein air. Une carrière d’exploitation du silex fut découverte à Salinelles lieu dit « la Vigne du Cade ».

Revenons aux cabanes, en forme de haricot. Assez étroites, bâtie sur terrain plat, des murs importants en épaisseur (de 0 m.80 à 2 m.30), d’une hauteur moyenne d’environ deux mètres, sans étage connu, des piliers de bois posés dans l’axe central et soutenant des charpentes que recouvrent sagnes, roseaux ou herbes épaisses imperméables. Le toit à deux pentes repose sur les murs et le recouvrement de la toiture est maintenu par des dalles plates.

D’une longueur variant entre 10 et 24 mètres, à l’origine d’une seule pièce, réoccupées ensuite par plusieurs personnes elles furent soit agrandies soit divisées en deux parties. Le foyer se tenait au centre ou au fond, c’était là où se rassemblait la famille pour se restaurer, discuter et travailler le bois, l’os, la pierre ou la poterie. L’atelier aux beaux jours se trouvait à l’extérieur devant la porte dont le sol était dallé. L’entrée principale exposée sud, sud-est et le sol en terre battue permettait une bonne circulation de l’air, l’humidité étant absente. On pense que les individus couchaient prés des portes ; nous ne savons pas si les sous-pentes des toitures permettaient, une fois aménagées, aux membres de la famille d’occuper cet espace. A l’intérieur on trouve des niches ou barres en pierres qui servirent de dépôt ou d’étagères.

Les dépendances :

Mis à part les parcs à ovins à l’extérieur des bâtiments, la circulation se fait autour de l’ensemble et on trouve des puits pour des réserves d’eau ou l’extraction de minerais. Ces puits, souvent comblés, ont révélé de nombreux morceaux de poterie et d’os. Les grottes ont été aménagées en caves, elles furent réutilisées quand elles servirent de sépulture, les dolmens existant furent utilisés à nouveau pour l’inhumation des défunts. Plus tard, avant l’abandon des cultures et des parcs, on remarque un remodelage par un apport de population, les cabanes prennent la forme de capitelles et sont intégrées aux murs des parcs à moutons. A l’intérieur on trouve des réserves d’eau, sous forme de bassin, quelquefois accolés à la capitelle à l’extérieur four et citernes. Les parcs forment de véritables damiers et sont érigés sur des hauteurs, souvent des anciens habitats. Les hommes après s’être éparpillés, se regroupent. Nous ne savons pas pour quelles raisons : menaces extérieures ? mauvaises récoltes ? épidémies ? conditions atmosphériques ? Des ouvertures dans les murs au ras du sol ont été interprétées comme silos à grain. En effet, des grains de blé grillés ont été mis à jour, le nettoyage de ces réserves se faisant par brûlement.

Céramiques, outils, objets :

Au néolithique moyen, les poteries étaient en vogue. Elles servaient tout d’abord à la cuisson des aliments, d’une utilité fonctionnelle, elles devinrent en changeant de forme de véritables objets d’art. Les débris du Fontbouisse et les reconstitutions de ces poteries montrent un style campaniforme, sphérique très décoré et de formes variées. Le fond n’est pas encore plat et les décorations sont simples, en bandes verticales, horizontales en dent de scie ou à damiers. La métallurgie du feu est encore peu intégrée. Le cuivre semble d’importation, des gisements locaux n’ont put être définis. Quelques outils en métal furent trouvés : couteaux, pointes. La principale occupation étant le travail de la pierre. Mis à part les constructions, l’homme façonnait des outils et des armes : pointes de flèches en silex, couteaux, grattoirs et lissoirs, perçoirs pour le travail des peaux, haches, meules.

Il travaillait aussi l’os : aiguilles, perles, confection de breloques et de colliers, de nombreuses trouvailles dans de petit musée régionaux méritent d’être vues.

Citons les musées néolithiques à St Pons de Thommières aux Matelles dans le département de l’Hérault. A voir après le village préhistorique de Cambous le musée à Viols le Fort. On commence à s’intéresser au petit patrimoine, quelques communes font des efforts pour mettre en valeur, ici une capitelle, plus loin une vieille citerne, là une terrasse en pierres sèches.

Lentement l’homme sort de la préhistoire pour entrer dans l’Histoire. Que laisserons-nous ?

A Nîmes, en 1995, recensement de 480 parcelles pour 43 capitelles.

A Langlade, en 1991, 74 cabanes, des clapas, érosion du temps ou dégradation ? à suivre.

Sources :

Dr J. ARNAL – Céramiques au néolithique

J. AUDIBERT – Le chalcolithique dans le Gard

X. GUTHERZ – Néolithique récent du Languedoc

L’histoire mystérieuse : guide des sites préhistoriques - juin 1994

L’histoire mystérieuse : la préhistoire - avril 1996

Causses et Cévennes : n°2 – 1995

Le parc national des Cévennes : n°48 – 1993

Les premiers paysans du Languedoc I et II       

Le temps des dolmens                                                              

L’âge du cuivre en Languedoc oriental

De JM ROGER professeur de sciences économiques et sociales

Remerciements :

à M. JL ROUDIL, directeur de recherche au CNRS

à M. G MOSSAND SCN et ami cévenol

à M. C ANTON du musée du Galeizon

à Cévennes Magazine pour leur gentillesse

à M. N BASTIDE musée du cévenol, Pont Ravager

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