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LES AMIS DES CEVENNES - 3ème partie

  • LES AMIS DES CEVENNES  - 3ème partie

LES AMIS DES CEVENNES

Et si l’on restaurait le remarquable prieuré roman de

SAINT GERMAIN DE MONTAIGU LEZ ALAIS

SUITE et FIN

 Les églises et les couvents eurent beaucoup à souffrir de cette guerre civile, et pour ne citer que celles qui furent dévastées aux environs d'Alais, nous trouvons celles de Saint-Christol, de Brouzet et celle de Saint-Jean du Pin, ainsi que cela appert du journal précité.

Les histoires du Languedoc rapportent que les ordres religieux ne purent se relever des pertes qu'ils essuyèrent pendant ces troubles. Ces communautés jadis si nombreuses, si florissantes, virent leurs personnes persécutées, leurs domaines dévastés, et leurs revenus anéantis par la dispersion ou la lacération des titres.

Voilà toutes les notes que nous avons pu recueillir sur l'abbaye carlovingienne ; quelques vieillards se souviennent encore d'avoir vu une inscription gravée dans le mur de l'église, mais le temps en a effacé les lettres, et il ne reste plus rien de ces lignes précieuses.

Et cependant le cimetière est à côté, là dorment dans leurs tombes les saints moines rangés sans doute autour de leur prieur, et conservant jusque dans la mort le rang hiérarchique de l'ordre. Quelques pelletées de terres enlevées du sol suffiraient pour mettre à nu la pierre tumulaire qui les couvre ; peut-être un jour serons-nous assez heureux pour assister à l'exhumation de ces noms oubliés, et ces épitaphes enfouies depuis des siècles.

Le couvent de Saint-Germain fut toujours en grande vénération, et au mois de mai, une foule immense gravissait religieusement la montagne pour accomplir un pieux pèlerinage. La procession se déroulait comme un grand ruban, le long de Montaigu, toutes les communautés assistaient au cortège, la bannière au vent, et le crucifix en tête ; et puis suivait la multitude des pèlerins, ici le pénitent qui se frappe la poitrine avec douleur, déchirant ses pieds nus aux ronces du chemin, les femmes stériles venant supplier Saint-Germain d'intercéder pour elles, afin que la main de Dieu ne tarisse plus leurs mamelles, et qu'il exauce leurs prières comme jadis il avait exaucé Sara, l'épouse d'Abraham ; là, de jeunes filles étiolées et qui, haletantes de fatigue, envient à leur fleur du sentier, la force de sa tige ; le paralytique se traînant avec peine, et qui veut purifier ses béquilles en les plaçant sur l'autel. Ce jour-là, accouraient de tout côté les mères dont l'enfant avait été atteint de quelque maléfice ; en vain la hideuse sorcière à prononcé sur son berceau des paroles maudites, Satan sera désarmé, dès que la dépouille de l'enfant aura touché des degrés de l'église, et que l'amulette salutaire sera suspendue à son cou.

Le couvent n'était pas alors assis au milieu de cette nature abrupte où se montre rarement une touffe de verdure ; un jardin d'oliviers l'entourait de toute part, et le pampre suspendait ses grappes de raisins aux branches du verger, aux arcades de l'édifice.

De cette antique abbaye que reste-t-il maintenant ? Hélas, rien que des ruines méconnaissables. Et si, prenant pour piédestal le mur de l'abside, vous promenez vos regards autour de vous, sans vous laisser absorber par le merveilleux panorama qui se déroule à vos pieds, si vous jetez un coup d'oeil au loin sur les montagnes qui bordent l'horizon, vous apercevez les restes désolés du château de Bouquet, ses tours tombant en lambeaux, quelques murs encore menaçant du Castellas de Rousson, Connilhère veuf de sa chapelle protégée par Saint-Michel, et là-bas, au milieu de ces riantes prairies, à l'ombre des châtaigniers séculaires, le prieuré de Sainte-Cécile transformé en villa, et dominant l'ancienne église de Saint-Jean-de-Jérusalem dont les derniers vestiges viennent de disparaitre sous de nouvelles constructions ; derrière, c'est la tour féodale de Soucantou, ce nid de vautour, qui s'en va pierre par pierre. Hélas, des ruines, partout des ruines ! Tempus edax. hom edacior.

C. FABRE

 CONCLUSION

Le texte de C. FABRE nous a donné quelques indications sur ce Prieuré et ne vaut pas étude historique approfondie. Il existe bien d'autres documents dont il conviendra de faire la synthèse.

Cette approche du Prieuré de Montaigu nous a toutefois permis d'attirer l'attention sur lui car bien oublié.

Il mérite une véritable rénovation dont se soucient les Amis des Cévennes. Nos lecteurs seront informés de la suite donnée.

Mais, avant de clore, signalonsque Bardon écrit que déjà vers 1425 « Le Prieuré de St Germain de Montaigu est presque désert. Le Prieur n'habite même pas toujours Alais. Il faut quelque chose d'extraordinaire pour que les chanoines aillent à SAINT GERMAIN et se réunissent dans leur chapelle sous le vocable de Sainte Margueritte. Ainsi, le 6 Novembre 1429, ayant achevé son noviciat, Jacques Périer âgé d'une quinzaine d'années prononce ses voeux... La cérémonie finie tout le monde revient déjeuner à Alais ».

Bardon écrit encore que les reliques avaient été enfermées dans des caisses en bois, celles de St Côme, St Damien, St Agapit, Ste Marguerite et tant d'autres.

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